Partager l'article ! Et l’on reparle d’interdire les pubs alimentaires…: Puisque la chose n’a pas encore assez fait parler d’elle, les associations diverses ...
Puisque la chose n’a pas encore assez fait parler d’elle, les associations diverses et variées, sous l’égide de l’Elysée, ont annoncé vendredi 2 octobre dernier, la mise en place d’une
énième commission pour la prévention de l’obésité. Les conclusions seront rendues mi-décembre….
Selon les sources proches de la Présidence et du ministère de la santé, le but est de maintenir à flots la dynamique impulsée par le PNNS 2 dont nous avons déjà fait état ici. Cette volonté de
dynamique accrue se fonde sur les disparités sociales toujours terriblement marquées sur le plan nutritionnel, et l’on souhaite à nouveau prendre des mesures dont on sait par avance et par
expérience dans les autres pays européens (Suède par exemple) qu’elles sont totalement inefficaces.
Si l’on n’en retient que la volonté de ne plus diffuser de publicités pour des produis alimentaires pendant les programmes destinés aux enfants et jeunes publics dont on sait qu’ils sont
excessivement influençables, cela revient à mettre en place une mesure déjà débattue, dont on sait que son influence sera mineure. Les taux d’enfants obèses dans les pays où ce type de
réglementation est en vigueur est identique au notre…Mais ça va rassurer. Essentiel de rassurer et de montrer que l’on fait quelque chose. Ce doit être un nouveau synonyme du mot « prévention
».
La vraie prévention passe par une action de terrain, une éducation nutritionnelle dans les écoles, les collèges, les lycées, de façon constante et pas seulement une semaine par an lors de la
semaine du goût. Mais ne soyons pas polémique avant l’heure, 17 chantiers sont prévus, dont l’information diffusée dans les milieux défavorisés (on sait cependant que leur accès à l’information
est limité), en milieu scolaire, vers les systèmes de santé. Là encore, les milieux les moins favorisés socialement n’ont pas la même égalité d’accès aux soins que les populations les plus
favorisées. Le souci est plus d’ordre social qu’informationnel…
Interdire guérit ?
Revenons-en à cette interdiction par voie réglementaire de la pub TV destinée aux enfants pour tous les produits alimentaires. Cette interdiction pourrait intervenir lors des tranches matinales,
avant l’école quand la télé devait être éteinte pour favoriser l’échange enfants-parents et alors que pourrait se mettre en place un moment d’éducation des adultes envers leur progéniture pour
équilibrer ce repas essentiel qu’est le petit déjeuner… si tant est qu’il y ait un petit déj’ d’ailleurs… mais la télé est une nounou tellement parfaite… la « déresponsabilisation » parentale
est-elle pour autant prise en ligne de compte ?
La pub sera également supprimée les mercredis et samedis ainsi que le dimanche matin. Soit. C’est malheureusement oublier assez vite que les enfants, les jeunes ados, touchés en masse par cette
épidémie d’obésité, sont aussi férus d’un autre média que la télé : le Net. Et aucune mesure ne semble être prise pour réglementer la pub sur leur média préféré puisque permettant d’être connecté
avec leurs copains, amis… etc. et d’être nourris aux pop-ups, aux bannières et autres jeux dont ils sont friands permettant de gagner tout et n’importe quoi… en prenant de plein fouet des
dizaines de pubs à l’heure…
Une charte a pourtant déjà été signée par les ministères de la santé et de la culture en accord avec les annonceurs agroalimentaires et les diffuseurs… sans effet. Normal. Quant bien même les
mômes et ados ne verront plus de pub télé, les sollicitations extérieures sont tellement nombreuses entre les pubs des GMS que l’on croise à profusion, les lieux de mal-bouffe tellement ancrés en
eux et qu’ils voient au quotidien que sont Mc Do (la chaîne va d’ailleurs ouvrir son 1135ème resto au Louvre) ou KFC entre autres, au marketing tellement parfait que s’il n’y a pas de pub
TV, les enfants seront tout de même gavés par le clown… ajouté à cela les marques, les produits dont parlent les gamins dans les cours d’école, ceux que l’on croise dans les manuels scolaires,
dans de prétendus kits pédagogiques nutritionnels qui sont de superbes pubs à l’école…
Maman, j’veux pas aller à la cantine !
Mais… les repas dans les cantines scolaires seront soumis à un plus fort contrôle… très bien sur le principe… quand les parents peuvent payer la cantine… et l’on, en revient aux milieux
défavorisés… quand la cantine n’est pas gérée en interne sans trop de moyens ou que les ados ne s’éclipsent pas pour aller se goinfrer de kebabs ou de paninis au petit resto du coin… parce que la
cantine, c’est pas top… normal, ils n’ont pas reçu l’éducation aux goûts…
La médecine scolaire devra également dépister l’obésité…. Il faudra alors renforcer les moyens, la présence médicale dans les écoles… et faire en sorte que l’infirmière scolaire ne soit pas là
qu’une demi-journée par semaine et saturée de boulot sur la bobologie des élèves. Même si les données sont remontées aux différents instituts de veille sanitaire…
Mon obésité ? Soignée par mon télé-achat préféré !
Point cependant très positif : la réglementation vise également à interdire la vente et la promotion de compléments alimentaires dans les télé-achats, ces magnifiques programmes au long desquels
des poudres de perlimpinpin sont sensées guérir de tout surpoids ou obésité en un temps record sans effort, sans régime, juste en absorbant des milk-shakes ou des plats de pâtes à profusion…
l’allègement bancaire est évident, l’allègement pondéral beaucoup moins… Seront également interdits les vêtements faisant perdre du poids, les appareils de gymnastique passive…
l’électro-stimulation va avoir du plomb dans l’aile alors que l’on prétend dans les télé-sur-consommation-achats qu’en un petit quart d’heure par jour, on peut perdre bourrelets et autres kilos
superflus juste en attendant que la gégène fasse son office… Il va de soi que rien n’a jamais été scientifiquement prouvée et / ou validé par des comités d’experts en la matière…
Autres mesures envisagées : préconiser l’allaitement maternel… très bien… l'apposition de logos nutritionnels « clairs » sur les « bons » aliments qui auront droit de cité cependant que la mal
bouffe sera reléguée aux oubliettes sans que pour autant que l’on prévienne par un logo tout aussi clair que ces produits sont potentiellement nocifs et mauvais pour la santé…
De fait, si certaines de ces mesures voire l’ensemble paraissent pertinentes, il faut cependant
qu’elles soient cohérentes, effectives et non pas cautères sur jambe de bois. Prévenir vraiment est idéal. Prévenir de façon « light » pour rassurer est impertinent. Cela risque une fois encore
de déresponsabiliser les éducateurs que sont les parents, des co-éducateurs que sont les profs qui n’ont de toute façon pas le temps, le recul et la formation nécessaire pour répondre à ces
problématiques socio-psychologico-médico-nutritionnelles…
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